Portrait alumni - Nicolas Léotoing, Directeur commercial

Se réinventer, saisir une opportunité, construire dans la durée : le parcours de Nicolas Léotoing illustre parfaitement la richesse des trajectoires des alumni de l’Institut des Métiers.
Aujourd’hui gérant du Petit Gourmet, magazine de référence autour de la gastronomie en Auvergne, il revient sur les coulisses de cette aventure entrepreneuriale lancée en 2011. De sa formation à l’IDM à son quotidien de dirigeant, en passant par les défis d’un modèle 100 % gratuit, il partage un témoignage authentique sur un métier de passion, où persévérance et sens du contact font toute la différence.
Pouvez-vous vous présenter et nous expliquer ce qu’est Le Petit Gourmet ?
Je suis gérant du Petit Gourmet depuis sa création en septembre 2011. Quinze ans et plus de 150 numéros plus tard, le magazine est toujours bien présent.
Le Petit Gourmet est un magazine gratuit dédié à la gastronomie, à la restauration et aux arts de la table en Auvergne. Il est diffusé chaque mois à 30 000 exemplaires dans le Puy-de-Dôme et l’Allier, via près de 1 000 points de distribution : commerces de bouche (boulangeries, boucheries, restaurants), offices de tourisme, hôpitaux… Nous cherchons à être présents partout où il y a du passage, pour que le magazine soit facilement accessible.
D’ailleurs, certains lecteurs sont devenus de véritables collectionneurs et viennent récupérer leur exemplaire chaque mois.
Comment est né ce projet ?
C’est avant tout un concours de circonstances. Avec mon associé Thomas, nous travaillions auparavant dans la vente de cuisines et salles de bain. Lorsque le groupe a fermé brutalement en 2010, nous avons dû nous réinventer.
L’idée d’un magazine nous avait déjà été suggérée auparavant, mais dans une dimension nationale, trop ambitieuse pour nous à l’époque. Nous avons néanmoins gardé cette idée en tête et décidé de nous lancer à notre échelle.
Au départ, nous ne savions pas sur quelle thématique partir. Puis, au fil des rencontres, notamment avec notre rédacteur en chef actuel, nous nous sommes orientés vers la gastronomie. À l’époque, des émissions comme Top Chef ou MasterChef contribuaient à mettre ce secteur en lumière. Le contexte était favorable, et nous avons saisi l’opportunité.
Comment est organisée votre équipe aujourd’hui ?
Nous sommes deux associés à la tête de l’entreprise. Pour la production du magazine, nous travaillons avec une petite équipe : un rédacteur en chef qui coordonne plusieurs journalistes pigistes, ainsi qu’un graphiste en charge de la mise en page et des visuels.
En tout, quatre personnes travaillent directement sur le magazine. À cela s’ajoutent des prestataires externes : imprimeur, distributeur, etc.
Quel est votre rôle au quotidien ?
Avec mon associé, nous sommes principalement en charge de la gestion de l’entreprise et de la commercialisation des espaces publicitaires.
Le magazine étant entièrement financé par la publicité, notre mission consiste à développer le chiffre d’affaires : rencontrer des clients, prospecter de nouveaux annonceurs et faire rayonner le magazine. C’est un travail de terrain, très orienté relationnel.
Comment choisissez-vous les établissements ou sujets mis en avant ?
Nous ne sommes pas un guide gastronomique. Nous ne notons pas les établissements et ne faisons pas de critiques.
Notre ligne éditoriale est simple : nous parlons de ce que nous aimons. Cela peut être un restaurant, une boulangerie, un producteur local ou encore un artisan. Le terroir auvergnat est extrêmement riche, ce qui nous permet d’aborder une grande diversité de sujets.
Nous adoptons une approche bienveillante : nous mettons en lumière des adresses que nous recommandons, et chacun reste libre de se faire son propre avis.
Quelle est votre fréquence de publication ?
Le magazine est mensuel, avec une sortie entre le 5 et le 10 de chaque mois. Nous publions 10 numéros par an : il n’y a pas de parution en janvier, et les mois de juillet et août sont regroupés en une seule édition.
Quelles qualités sont nécessaires pour exercer votre métier ?
La bienveillance est essentielle, mais aussi la persévérance. Le secteur de la presse gratuite est exigeant et peu d’acteurs réussissent à s’inscrire dans la durée.
Nous avons fait le choix de la qualité : un beau papier, des visuels soignés, une rédaction exigeante… L’objectif est de proposer un magazine gratuit qui ait l’apparence et la qualité d’un magazine payant.
Mais cela demande une rigueur importante. Le rythme est soutenu : chaque mois, tout est à recommencer. Il faut aimer ce que l’on fait et ne jamais rien lâcher.
Quel est votre principal défi aujourd’hui ?
Le principal défi est de durer dans le temps. Lors du lancement en 2011, on nous annonçait déjà la fin du papier. Quinze ans plus tard, le constat est tout autre : les lecteurs restent attachés au format physique.
Bien sûr, nous avons développé une version numérique du magazine, qui génère environ 10 000 vues supplémentaires par numéro. Mais pour nous, le digital est complémentaire. Le cœur de notre activité reste le papier.
Votre formation à l’Institut des Métiers vous sert-elle aujourd’hui ?
Oui, elle m’a apporté des bases solides en commerce et en gestion. J’ai suivi un BTS orienté action commerciale en alternance, notamment chez Orange.
Cependant, le métier de commercial s’apprend beaucoup sur le terrain. L’expérience m’a permis de développer des qualités essentielles comme l’empathie, l’écoute et la capacité à créer une relation de confiance.
Quel souvenir gardez-vous de votre passage à l’Institut des Métiers ?
Un très bon souvenir, notamment humain. J’ai gardé contact avec plusieurs personnes de ma promotion.
Cette formation m’a aussi aidé à gagner en confiance en moi. J’étais plutôt réservé à l’époque, et les nombreux oraux m’ont permis de m’affirmer davantage. J’y ai également appris la rigueur et le professionnalisme.
Quel conseil donneriez-vous à un apprenti qui débute sa carrière ?
Ne rien lâcher.
C’est simple, mais essentiel. Vous rencontrerez des difficultés, des refus, des moments de doute. Ce qui fera la différence, c’est votre capacité à rebondir et à garder un mental solide.
Avec de la persévérance, les efforts finissent toujours par payer.
